Origines et ascendance

Il appartenait à la noble tribu des Banu Makhzum, l’un des clans les plus puissants de Quraysh.

Son père était al-Harith ibn Hisham ibn al-Mughirah, compagnon du Prophète ﷺ, frère d’Abu Jahl et oncle maternel de Khalid ibn Walid.

Sa mère, Fakhita bint al-Walid ibn al-Mughirah, était donc la sœur de Khalid ibn Walid.

Ainsi, Abdurrahman réunissait dans sa personne la noblesse du courage makhzoumite et la noblesse du savoir médinois.

Ibn Saad écrit :

« Abdurrahman ibn al-Harith ibn Hisham faisait partie des hommes les plus vertueux des Quraysh à Médine, et des jurisconsultes les plus respectés de son époque. » — (al-Tabaqat al-Kubra, vol. 5)

Formation et jeunesse

Né à Médine peu après la mort du Prophète ﷺ, il grandit dans un foyer d’islam et de connaissance. Son père al-Harith avait embrassé la foi lors de la conquête de La Mecque et participa aux campagnes en Syrie, où il mourut en martyr.

Abdurrahman reçut une éducation soignée dans la maison des Quraysh, alliant science, retenue et dignité. Il apprit le Coran, le hadith et le fiqh auprès des Compagnons médinois, parmi lesquels :

  • Aisha bint Abi Bakr,
  • Abd Allah ibn Abbas,
  • Abd Allah ibn Umar,
  • et Abu Hurayra.

Il fut donc un Tabi‘i — un des Suivants — c’est-à-dire de ceux qui ont connu les Compagnons et hérité directement de leur science.

Son statut parmi les savants de Médine

Abdurrahman fit partie des grands juristes médinois de la génération suivante, connus sous le nom de « les sept jurisconsultes de Médine » (al-fuqaha as-sab’a).

Ces sept savants, piliers du fiqh des Tabi‘in, furent les héritiers directs de la science des Compagnons.

Adh-Dhahabi rapporte :

« Il était l’un des sept savants de Médine. Il alliait science, modestie et noblesse. On disait de lui : il n’élevait jamais la voix en discutant du fiqh. » — (Siyar A‘lam an-Nubala, vol. 4)

Son conseil était recherché par les gouverneurs et les notables. Il siégeait dans les assemblées de consultation et faisait partie du cercle savant du calife Umar ibn Abd al-Aziz, dont il appréciait la justice et la piété.

Mariage et vie familiale

Abdurrahman épousa Aisha bint Talha, la fille de Talha ibn Ubayd Allah et petite-fille d’Abu Bakr as-Siddiq.

Ce mariage unissait deux lignées prestigieuses : celle des Makhzum et celle des Taym.

De cette union naquit une descendance de savants et de notables de Médine, dont plusieurs se distinguèrent dans la science et le hadith.

Ibn Hajar al-Asqalani écrit :

« Il épousa Aisha bint Talha, femme de science et de raison. Leur foyer était un lieu de savoir, de générosité et de noblesse. » — (Tahdhib at-Tahdhib, vol. 6)

Ses qualités morales et spirituelles

Abdurrahman était connu pour sa piété équilibrée et sa maîtrise de soi. Il n’était ni ostentatoire dans l’adoration ni attaché aux apparences du pouvoir.

Les habitants de Médine disaient de lui :

« Il avait le visage de la dignité et le cœur du serviteur. »

Abu Nuaym al-Isfahani rapporte :

« Abdurrahman priait la nuit sans bruit, et disait : la lumière du savant n’est pas dans sa voix, mais dans sa sincérité. » — (Hilyat al-Awliya, vol. 2)

Il avait un grand respect pour les Compagnons, dont il se considérait l’humble héritier. Il disait souvent :

« Nous sommes les ombres de ceux qui ont vu la lumière. »

Son rôle dans le fiqh médinois

Le fiqh médinois, connu pour sa fidélité à la pratique des Compagnons, doit beaucoup à des figures comme lui.

Il fut parmi les premiers à systématiser la jurisprudence en recueillant les décisions d’Aisha et d’Ibn Umar.

Ses avis furent transmis à travers ses élèves, dont certains influencèrent ensuite Malik ibn Anas, fondateur du madhhab malékite.

Adh-Dhahabi précise :

« Son avis faisait autorité à Médine, et les gens suivaient sa parole dans les questions de droit. Il ne rendait pas de fatwa sans prière préalable. » — (Siyar A‘lam an-Nubala, vol. 4)

Décès

Il mourut à Médine, vers 90 de l’Hégire, après une vie de science et de service.

Les habitants de Médine l’accompagnèrent en foule à sa dernière demeure.

Ibn Saad rapporte :

« Les gens de Médine pleurèrent sa mort comme celle d’un des leurs, car il était juste, savant et doux. » — (al-Tabaqat al-Kubra, vol. 5)

Héritage

Abdurrahman ibn al-Harith incarne la noblesse de la science héritée des Compagnons.

Il fut le trait d’union entre la génération du Prophète ﷺ et celle des juristes.

Son humilité, sa modération et son ancrage dans la tradition médinoise en firent un modèle pour les fuqaha postérieurs.

Adh-Dhahabi résume sa vie en ces termes :

« Il fut un savant noble, véridique et pieux, issu d’une lignée honorée, et plus noble encore par sa science. » — (Siyar A‘lam an-Nubala, vol. 4)

L’équipe d’Islamopedie

Sources

  • al-Tabaqat al-Kubra — Ibn Saad
  • Siyar A‘lam an-Nubala — Adh-Dhahabi
  • al-Isaba fi Tamyiz as-Sahaba — Ibn Hajar al-Asqalani
  • Tahdhib at-Tahdhib — Ibn Hajar al-Asqalani
  • al-Istiab fi Ma’rifat al-Ashab — Ibn Abd al-Barr
  • Hilyat al-Awliya — Abu Nuaym al-Isfahani