Les paroles interdites

Abou Moûsa (qu’Allah l'agrée) rapporte : "Je dis une fois : "Ô Messager d’Allah ! Quel est le meilleur musulman?"

Il dit : "Celui dont les musulmans sont à l'abri de sa langue et de sa main"". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Selon Abou Hourayra (qu’Allah l'agrée), le Prophète -aleyhi salat wa salam- a dit :

"Celui qui croit en Dieu et au jour dernier, qu'il dise une bonne chose ou se taise". (Al-Boukhâri, Mouslim)


La médisance

Allah (le Très-Haut) a dit :

{Ne médisez pas les uns des autres. Est-ce que l'un de vous aimerait manger la chair du cadavre de son frère? Cela vous répugne évidemment}. (49/12)

Selon Abou Hourayra (qu’Allah l'agrée), le Messager d’Allah -aleyhi salat wa salam- a dit :

"Savez-vous ce qu'est la médisance?"
Ils dirent : "Dieu et Son Messager le savent mieux, que nous".
Il dit : "C'est quand tu dis à propos de ton frère des choses qu'il n'aime pas".
On dit : "Que penses-tu si ce que je dis à propos de mon frère existe réellement?"
Il dit : "Si ce que tu as dit de lui est vrai, tu as médit de lui; et si ce n'est pas vrai, tu as proféré à son encontre un mensonge effronté". (Mouslim)

'Aïcha (qu’Allah l'agrée) rapporte : "Je dis au Prophète -aleyhi salat wa salam- :

"Je ne te citerai de citerai de Safîya (sa coépouse) que tel défaut (et elle fit signe de la main qu'elle était petite)".
Il me dit : "Tu viens de dire une parole qui, si on la mélangeait à toute une mer, lui changerait son goût et son odeur".
Elle dit encore : "Je lui ai imité une fois la démarche de quelqu'un".
Il dit : "Je ne voudrais à aucun prix imiter les défauts de quelqu'un". (Abou Dâwoûd et At-Tirmidhi)

Selon Anas (qu’Allah l'agrée), le Messager d’Allah -aleyhi salat wa salam- a dit :

"Au cours de mon ascension au ciel, je suis passé devant des gens ayant des ongles de cuivre avec lesquels ils se griffaient le visage et la poitrine. Je demandai : "Qui sont ces gens là? 0 Gabriel!"
Il dit : "Ce sont ceux qui mangeaient la chair de leurs prochains et leur souillaient leur bonne réputation"". (Abou Dâwoûd)


Le colportage

Allah (le Très-Haut) a dit:

{Et n'obéis à aucun grand jureur, méprisable, grand diffamateur, grand colporteur de médisance} (68/10-11)

Selon Houdhayfa (qu’Allah l'agrée), le Messager d’Allah -aleyhi salat wa salam- a dit :

"Aucun rapporteur n'entrera au Paradis". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Selon Ibn 'Abbâs (qu’Allah agrée le père et le fils), le Messager d’Allah -aleyhi salat wa salam- passa devant deux tombes et dit :

"Ces deux morts sont actuellement soumis aux tourments et ce n'est pourtant pas pour une grande chose ou plutôt c'est pour une très grande chose. L'un d'eux allait en colportant ce que disent les uns des autres et l'autre ne se cachait pas pour faire ses besoins". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Selon Ibn Mas'oûd (qu’Allah l'agrée), le Prophète -aleyhi salat wa salam- a dit :

"Voulez-vous que je vous dise ce qu'est le mensonge effronté? C'est le colportage de ce que les uns disent des autres pour déteriorer leurs rapports". (Mouslim)


La moquerie

Allah dit:

{Ô vous les croyants ! Qu'un groupe ne se raille (se moque) pas d'un autre groupe ceux-ci sont peut-être meilleurs qu'eux, et que des femmes ne se raillent pas d'autres femmes : celles-ci sont peut-être meilleures qu'elles. Ne vous dénigrer pas et ne vous lancez pas mutuellement des sobriquets (injurieux). Quel vilain mot que lorsqu'on a déjà la Foi. Et quiconque ne se repent pas Ceux-là sont les injustes.} (49/11)


Le maudissement d'une personne en particulier

Selon Abou Zayd Ibn Thâbit Ibn Ad-Dahâk Al-Ansâri (qu’Allah l'agrée), le Messager d’Allah -aleyhi salat wa salam- a dit :

"Maudire le croyant est comme le tuer". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Selon Abou Hourayra (qu’Allah l'agrée), le Messager d’Allah -aleyhi salat wa salam- a dit :

"Il n'appartient pas à celui qui s'attache fermement la vérité d'être maudisseur". (Mouslim)

Selon Abou d-darda (qu’Allah l'agrée), le Messager d’Allah -aleyhi salat wa salam- a dit :

"Les maudisseurs invétérés ne seront, le jour de la résurrection, ni intercesseurs, ni témoins". (Mouslim)

Selon Samoura Ibn Joundab (qu’Allah l'agrée), le Messager d’Allah -aleyhi salat wa salam- a dit :

"Ne vous maudissez pas les uns les autres en vous souhaitant la malédiction d’Allah ou Sa colère ou l'Enfer". (Abou Dâwoûd)

Selon Ibn Mas'oud (qu’Allah l'agrée), le Messager d’Allah -aleyhi salat wa salam- a dit :

"Le croyant n'est pas celui qui jette le doute sur la bonne réputation des autres, ni le maudisseur invétéré ni le grossier". (At-Tirmidhi)

Selon Abou Ad-Darda (qu’Allah l'agrée), le Messager d’Allah -aleyhi salat wa salam- a dit :

"Quand 'homme maudit quelque chose, sa malédiction monte au ciel, mais les portes du ciel se ferment devant elle. Elle retourne alors à la terre et en trouve aussi les portes fermées. Puis elle se cherche un passage à droite et à gauche et n'en trouve aucun. Elle revient alors à celui qui a été maudit, s'il la mérite, sinon elle retombe sur celui qui l'a proférée". (Abou Dâwoud)


Le mensonge

Selon Ibn Mas'oûd (qu’Allah l'agrée), le Messager d’Allah –aleyhi salat wa salam- a dit :

"Le mensonge mène à la dépravation. La dépravation mène à l'Enfer. L'homme ne cesse pas de mentir jusqu'à ce qu'il soit inscrit auprès d’Allah comme grand menteur". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Selon Abou Oumàma Al Bàhili (qu’Allah l'agrée), le Messager d’Allah -aleyhi salat wa salam- a dit:

"Je garantis une maison au cœur du Paradis à celui qui se sera abstenu du mensonge pas même en plaisantant". (Abou Dâwoud)


Le faux témoignage

Selon Abou Bakra (qu’Allah l'agrée), le Messager d’Allah -aleyhi salat wa salam- a dit :

"Voulez-vous que je vous dise quel est le plus grand péché?"
Nous dîmes : "Nous voulons bien, ô Messager d’Allah!"
Il dit : "Le fait d'associer quoi que ce soit à Dieu. Le manque de piété filiale..." Il était appuyé sur quelque chose et il se redressa pour dire : "... et surtout le faux témoignage".
Il ne cessa pas de le répéter au point que nous dîmes : "Il aurait été préférable qu'il gardât le silence". (Al-Boukhâri, Mouslim)


La polémique peut être louable ou méprisable

An-Nawawi (qu’Allah lui fasse miséricorde) dit : "Si la discussion a pour objet la connaissance de la vérité et son affirmation, dans ce cas, elle est louable. Mais si elle faite pour repousser la vérité ou s'il s'agit d'une discussion âpre avec ignorance, elle est méprisable."

Al-Zajjâj a dit : « La polémique est l’exagération dans la controverse et la discussion contradictoire».

Al-Qurtubî a dit: «La polémique consiste à réfuter l’opinion d’autrui, au moyen d’une argumentation impétueuse »

Quant à la dispute, certains soutiennent qu’elle est le synonyme de la polémique Al-Tabarî a dit : « Disputer signifie polémiquer ». D’autres estiment qu’il s’agit de la réfutation de l’avis d’autrui, dans le but de montrer ses failles, sans que cela ait d’autre objectif que de le rabaisser. 

D’autres encore avancent que la dispute vise à établir un avis fallacieux, tandis que la polé- mique cherche à démontrer un avis qui peut être soit judicieux, soit faux.


  • La polémique louable


Allah (le Très-Haut) dit :

{Ne discute avec les Gens du Livre que de la manière la plus courtoise}

Il dit aussi :

{Discute avec eux de la meilleure manière}
  • La discussion méprisable


Le Prophète -aleyhi salat wa salam-a dit :

"Il n'y a pas un peuple qui s'égare sans qu'il leur soit donné d'être polémiste". (At-Tirmidhi, Ibn Majja et Ibn Abi Donia)

Selon Abou Oumàma Al Bàhili (qu’Allah l'agrée), le Messager d’Allah -aleyhi salat wa salam-a dit :

"Je garantis une maison dans les faubourgs du Paradis à celui qui se sera abstenu de toute polémique même quand il avait raison". (Abou Dâwoud)

Le Prophète -aleyhi salat wa salam-a dit :

"Le serviteur (d’Allah) ne peut acquérir la vérité de la foi que lorsqu'il abandonnera la polémique et la papelardise même s'il a raison." (Ibn abi Donia)

D'après Ibn Abbâs (qu’Allah l'agrée) : "Il te suffit comme péché que d'être constamment en train de te quereller".

Al-Ghazâli (qu’Allah lui fasse miséricorde) a dit : "En vérité, le mépris et le blâme s'appliquent pour celui qui se querelle en tort, sans aucune connaissance (...) Est aussi condamnable (l'attitude de) celui qui se dispute pour récupérer son droit en manifestant de l'acharnement et de la violence, en forgeant des mensonges, en lésant son vis-à-vis et en le dominant. Il en est de même pour celui qui mêle dans sa discussion des propos blessant et de nature à nuire, alors qu'il n'en a nullement besoin pour récupérer son droit ou qui ne se dispute que par entêtement, afin d'avoir le dessus sur son opposant et le briser. C'est donc (tout) cela qui est méprisable. [...] Et la discussion est de nature à développer l'animosité et à attiser la colère. Et lorsqu'il en est ainsi, la rancune se crée entre les deux personnes concernées, à tel point que l'un se met à se réjouir du malheur de l'autre et il s'attriste lorsque son opposant est joyeux. Il délie alors sa langue pour salir l'honneur de la partie adverse. Celui qui se dispute se trouve donc confronté à tous ces maux, dont le moindre est la préoccupation permanente du cœur, à tel point que même lorsqu'il se trouve en prière, son esprit est troublé par cette discussion et cette polémique. Il ne peut ainsi trouver la sérénité (ou la stabilité). La dispute âpre est donc la source du mal, tout comme la querelle. C'est la raison pour laquelle l'homme ne devrait ouvrir la porte de la discussion qu'en cas de nécessité absolue."


La polémique à propos du Coran

Selon Abû Hurayrat, le Prophète -aleyhi salat wa salam- a dit :

« Disputer au sujet du Coran est un acte de mécréance » [Abû Dâwud n°4603; authentifié par al-Albânî.]

Polémiquer à propos du Coran signifie le mettre en doute, ce qui constitue un acte de mécréance. En effet, douter que le Coran est parole divine, dire qu’il est créé, ou le scruter en vue de renier quelque chose qu’Allah a révélée etc., sont des manœuvres qui relèvent de l’ordre du soupçon et du doute. Mais discuter de l’exégèse avec savoir ne fait pas partie de la polémique interdite. La polémique au sujet du Coran qui est considérée comme un acte de mécréance est celle qui a pour motif le doute, le soupçon et le reniement.